Le blog de Writer Forever

Sur le blog de Writer Forever, je publie des articles et des vidéos sur les thèmes suivants : mon quotidien d’auteur expatrié, mes conseils en écriture, des interviews d’écrivains expatriés, la créativité au quotidien. Je partage aussi avec vous certains de mes textes, mon point de vue sur mes lectures et mon actualité du moment.

Auteur de Finding Your Feet In Chicago (Éditions Summertime, 2012) et de Journal d'une ado expatriée, Véronique Martin-Place est également coach rédactionnel. Elle guide des écrivains en devenir dans la rédaction de leurs livres, de l'idée de départ au point final. L'enseignement universitaire et la transmission tiennent également une place importante dans sa vie.


Pour en savoir plus sur son parcours, lisez sa biographie

Atelier d'écriture : le miroir

Atelier d'écriture : le miroir

 

Dans ma dernière vidéo intitulée "Le récit à la deuxième personne est-il possible ?", je vous avais promis en conclusion de partager avec vous un texte dont je suis l'auteure et que j'ai écrit à la seconde personne du singulier. Comme promis, le voici. Vous pouvez, le lire et/ou l'écouter.

 

 

Pour l'écouter : 

 

Artist Name - Le-Miroir.m4a

 

Tu te brosses les cheveux devant le miroir de la salle de bain aux murs défraichis. Tu t’appliques à donner un mouvement à ta crinière brune. Tu te rapproches de ton reflet. Tu poses ta brosse pour mieux examiner dans le miroir cette mèche de cheveux blancs, située juste derrière l’oreille. Elle t’énerve. Elle t’inquiète. Tu te dis que tu devrais peut-être te teindre les cheveux comme ta mère l’avait fait à ton âge. Non, surtout pas. Tu es comme tu es. Un point c’est tout. Tu te convaincs qu’elle ne se voit pas parce qu’elle est cachée par les cheveux du dessus. Tu te demandes : « Et s’il y en avait d’autres ? Ailleurs que derrière l’oreille ? ». Tu t’y prends à deux mains. Tu écartes tes cheveux presque un à un. Tu découvres avec stupeur qu’il y en a des tonnes. Mais depuis quand ? Tu te mets à les compter. A peine arrivé à 20, tu te rends compte de la stupidité de l’acte. Autant cherché une aiguille dans une botte de foin. Tu t’écartes du miroir et tu te regardes. Tu examines ta peau - blafarde - le contour de tes yeux - bleutés - ta bouche - fatiguée. Autant te rendre à l’évidence. Tu as pris un sacré coup de vieux. 

Tu te maquilles tout en réfléchissant à cette découverte affligeante : qu’est-ce que tu as vieilli ! Personne ne te l’a dit. Non, personne. Même pas ton mari. Même pas tes enfants. Peut-être ne s’en sont-ils pas rendu compte. Par habitude. Par manque de temps. Par désintérêt ? Et toi ? Tu n’avais vraiment rien remarqué ? Ben non, trop affairée que tu es à t’échiner au boulot pour joindre les deux bouts, à t’occuper des autres, à subvenir à leurs besoins quotidiens, à ne jamais demander de l’aide. Quand as-tu pris soin de toi pour la dernière fois ? Quand as-tu été chez le coiffeur par exemple, hein ? Tremblante, tu appliques un peu de rouge à lèvres couleur framboise pour raviver ton visage. Demain, tu prendras rendez-vous. Oui, demain … peut-être.

Tu t’observes à nouveau dans le miroir pour voir l’effet du rouge sur tes lèvres. Et là, tu as un choc. On dirait ta mère à ton âge. Le même regard. La même bouche. La même expression fatiguée. Exactement ce que tu refuses. Si seulement ce n’était qu’une ressemblance physique. Mais tout dans ce visage te rappelle tout à coup son parcours qui est aussi le tien. Une scolarité moyenne dans une école moyenne. Une jeunesse trop tôt bousculée par une première grossesse. Un mariage précipité. Un travail que tu n’aimes pas. Tout est là dans ton reflet qui révèle ton milieu. Tu aurais tellement voulu t’élever, ne serait-ce qu’un tout petit peu, pour ne pas finir comme elle : aigrie par la médiocrité de sa vie.

Tu vois défiler dans ton regard des souvenirs d’enfance : ta rentrée des classes en sixième, la peur au ventre, la crainte du regard des autres. Ton cartable en mauvais cuir, le même que les années précédentes, alors que les autres … Les autres avaient le dernier Tann’s ! Ton parcours scolaire moyen, les choix d’orientation. Tu voulais être une artiste, faire les beaux-arts. Dessiner, c’était ta vocation, ce qui te faisait vibrer, comme on dit maintenant. Tu te rappelles encore de la réaction indignée de ta mère : « Tu rêves ou quoi. L’art, c’est pas sérieux. Tu seras secrétaire, ma fille ! »

Tu détournes le regard de toi-même pour te concentrer sur le miroir. L’objet en tant que tel. Tiens, des traces de doigts. Une projection de dentifrice. Tu cherches ton spray nettoyant spécial vitres. Ton chiffon en coton. Tu nettoies pour oublier, pour détourner ton attention de cette réalité cruelle, de ton quotidien minable, de ce que tu es devenue. Pourtant il va bien falloir t’y faire, vivre avec, à moins que … La roue tourne, ma belle ! La roue tourne. Et elle a tourné trop vite pour toi. Soit tu continues comme ça sans te poser de questions et tu deviens comme ta mère soit tu te prends en main. En as-tu le courage ? As-tu encore le temps ? Tes yeux s’accrochent au lavabo. Quelqu’un à oublier de le rincer. Vite, tu le nettoies à grand renfort de Mr Propre.

Tu as peur. Tu te recroquevilles sur toi-même. Tu ne veux pas tout chambouler, modifier ton équilibre précaire et misérable qui te détruit à petit feu. Eh bien, c’est ça ou tu crèves sur place lentement mais sûrement. Et sans rien dire, ok ? Te plains pas de ta vie, s’il te plaît, y en a qui sont plus à plaindre que toi. Estime-toi heureuse. C’est ce que ta mère te disais, quand t’étais gamine et que tu rêvais de ton premier jean, devant la vitrine du magasin de la rue principale de ton village : « De quoi tu te plains ? T’as déjà un pantalon que je sache ! » Cette phrase prononcée par la voix nasillarde et amer de ta mère retentit dans ta tête. Elle serait là, elle te dirait : « Mais à quoi tu rêvasses ma cocotte, il est déjà plus de 6 heure du mat. Tu as deux trains à prendre et 15 minutes de marche. T’as pas de temps à perdre devant la glace. » Tu te redresses. Tu nettoies ta brosse à cheveux, tu ouvres le tiroir devant toi et tu la ranges. Tu regardes ton visage une dernière fois dans le miroir désormais immaculé. Dans la salle de bain, tout est propre. Toi aussi d’ailleurs, de l’intérieur. Comme si ce nettoyage compulsif t’avait aidé à prendre conscience de ta situation. Oui, tu peux partir tranquille car ta décision est prise. Tu n’as plus peur. Tu vas prendre ta vie en main, car même si tes cheveux blancs te disent le contraire, au fond de toi, tu sais qu’il n’est pas trop tard. 

***

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Le récit à la seconde personne est-il possible ?

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Neuf raisons de s'inscrire à un atelier d'écriture à distance en expatriation

Neuf raisons de s'inscrire à un atelier d'écriture à distance en expatriation

Vous venez d’arriver dans votre nouveau pays d’accueil. Depuis de nombreuses années, vous souhaitez écrire mais n’en avez jamais eu le temps et l’opportunité. Avec cette expatriation, c’est l’occasion de sauter le pas ! Mais vous avez fait vos recherches localement et il n’existe pas d’atelier d’écriture en français dans votre nouvelle ville d’accueil. 

Et si vous vous inscriviez à un atelier d’écriture à distance ? Dans cet article, je vous explique toutes les bonnes raisons pour lesquelles vous ne devez plus hésiter une seule seconde !

S’inscrire à un atelier d’écriture à distance en expatriation, c’est : 

  • Faire quelque chose pour soi 

Écrire régulièrement dans un contexte d’expatriation permet de se réserver du temps pour soi et de se détendre, tout simplement, chez soi ou dans un café. C’est un moment précieux où l’on oublie le tumulte de la transition et de l’installation dans un nouveau pays d’accueil.

  • Se donner un objectif hebdomadaire 

Dans le cadre d’un atelier à distance, vous devrez une fois par semaine ou une fois tous les quinze jours, réaliser une production écrite. Autrement dit, il va falloir organiser votre temps dans la semaine pour écrire. Dans un contexte d’expatriation, cela vous donnera un cadre, une routine personnelle dans le contexte parfois chaotique des premiers mois d’une expatriation.

  • Révéler sa créativité et se faire du bien 

Écrire, c’est révéler une partie de sa créativité intérieure. C’est mettre parfois des mots sur des maux, c’est observer son nouvel environnement pour mieux le comprendre, le décrypter et le partager avec ses proches, créant ainsi de l’échange et du lien social. C’est une manière de réussir ainsi sa transition culturelle en comprenant son nouvel environnement.

  • Créer un nouveau réseau de sociabilité 

En vous inscrivant à un atelier d’écriture à distance en groupe, vous allez rencontrer virtuellement d’autres personnes qui partagent avec vous une envie, celle d’écrire. Il arrive qu’on y rencontre son binôme idéal. Une personne avec qui l’on est sur la même longueur d’ondes. Un compagnon ou une compagne d’écriture avec qui l’on partage ses textes, ses lectures, ses trouvailles, ses doutes et aussi ses joies. Cela m’est arrivé. Ce sont en général de belles amitiés qui de virtuelles deviennent réelles et se poursuivent dans la durée. 

 

Lisez la suite de l'article sur le site de Femmexpat pour qui j'ai rédigé cet article.

 

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